par Félix Étienne
C’est la rentrée parlementaire à Québec aujourd’hui et Jean Charest compte bien profiter des derniers événements pour sauver sa peau. On pourrait dire que Charest a neuf vies et que celle-ci est sa dernière et il ne veut pas la perdre. Il n’est pas entré en politique par conviction comme Jean Lesage, René Lévesque ou Jacques Parizeau. Il n’est venu que pour le pouvoir, comme Robert Bourassa et tout ce qu’il fait de bien, ce n’est pas par conviction, mais c’est seulement pour gagner des points : l’équilibre budgétaire, l’augmentation du salaire minimum, les (minimes) revendications à Ottawa, les promesses de réductions des GES, tout ça, c’est parce qu’il veut être réélu. Malheureusement pour lui, les choses ne vont pas aussi bien qu’il ne voulait. La collusion et la corruption dans l’industrie de la construction, les gaz de schiste, cela l’a fait tomber dans les intentions de vote à seulement 25 % d’appui et un taux d’insatisfaction de 70 %. Pour sauver son gouvernement, lui-même et le Parti libéral, il veut prononcer un discours inaugural à la fin février et concentrer les débats sur l’économie, un domaine où il a fait bonne figure en 2008 et qui lui a permis de redevenir majoritaire. Mais l’opposition officielle péquiste ne lâchera pas et demandera toujours à Charest de créer une commission d’enquête sur l’industrie de la construction et sur le financement des partis politiques, ainsi qu’un moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schistes. Jean Charest a quatre portes de sortie : l’affaire Jean Paquette au Parti québécois, les arrestations récentes de l’escouade Marteau, la possibilité d’élections fédérales au printemps et le possible parti politique de François Legault qui raviverait les querelles internes au Parti québécois. Les arrestations récentes de l’escouade Marteau vont permettre à M. Charest de répondre lorsque Mme Marois lui demandera encore une fois de créer une enquête publique sur l’industrie de la construction. Charest, on le voit, veut retenter de faire comme durant son premier mandat majoritaire, il devient extrêmement impopulaire, mais il a fini par remonter dans les sondages en 2006 et a été réélu en 2007. Mais les Québécois, au bout de neuf ans, finissent par changer de gouvernement. Cela c’est produit en 1985, en 1994 et en 2003, une quatrième victoire pour Jean Charest est illusoire à mes yeux.
Oui, moi aussi, je veux une enquête publique !
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