mercredi 16 février 2011

Édito : Y aura-t-il des élections fédérales?

par Félix Étienne

Ces derniers temps, on entend beaucoup de rumeurs d’élections fédérales au printemps. Même si les quatre chefs de partis nient vouloir des élections fédérales au printemps, ils se comportent tous comme s’ils étaient en campagne préélectorale. Tout d’abord, il y a des raisons statistiques : un gouvernement minoritaire dure rarement plus de deux ans, or le gouvernement minoritaire conservateur actuel dure depuis le 14 octobre 2008. Des élections fédérales au printemps sont donc fort probables. Ensuite, il y a le facteur du budget. Le Bloc québécois et le Parti libéral ont donné au gouvernement leurs conditions pour le budget et comme il y a un vote de confiance envers le gouvernement au dépôt du budget, à la fin février ou au début mars, des élections pourraient être déclenchées à cette date si Stephen Harper n’a pas l’appui d’au moins un parti d’opposition. Le Parti libéral réclame l’annulation des baisses d’impôts aux entreprises et le gouvernement n’a pas l’intention de reculer. Le Parti libéral devrait donc voter donc contre le budget. Le Bloc québécois demande 2,2 milliards $ pour le Québec pour l’harmonisation de sa taxe de vente avec la TPS et le gouvernement n’a pas l’intention de donner cet argent, donc le Bloc québécois votera contre. Le maillon faible de la chaîne semble être le Nouveau Parti Démocratique, qui n’a pas donné de conditions à son appui au budget. Bien sûr, le NPD est un parti de gauche et on le voit mal accepter des baisses d’impôts aux entreprises, mais les sondages ne donnent que 16 % d’intentions de vote à ce parti, un peu moins qu’aux élections de 2008. Cependant, le gouvernement conservateur a annoncé son intention d’abolir les subventions de l’État aux partis politiques pour éliminer le déficit, mais le déficit est de 45 milliards $ et l’abolition des subventions permettrait d’économiser seulement 27 millions $. Les conservateurs n’ont aucun problème de financement et peuvent se passer des subventions de l’État, mais ces subventions constituent la principale source de financement des partis d’opposition. Les trois partis d’opposition pourraient donc être forcés de voter contre le prochain budget fédéral et il y aurait des élections fédérales au printemps, même si officiellement, personne n’en veut. Les sondages donnent actuellement 34 % d’intentions de vote aux conservateurs, contre 29 % pour les libéraux et 16 % pour les néo-démocrates, ce qui donnerait un gouvernement conservateur minoritaire, mais avec moins de sièges qu’actuellement. Les libéraux feraient quelques gains, probablement en Colombie-Britannique. Finalement, ça sent les élections à plein nez, mais le mystère dure encore…

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